Marine Le Pen va gagner

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TOPSHOT – French far-right Front National (FN) party’s President, Marine Le Pen, gestures as she delivers a speech on stage during the FN’s summer congress in Frejus, southern France, on September 18, 2016. Marine Le Pen’s slogan reading « In the name of the [French] people » is seen on the rostrum. / AFP / Franck PENNANT (Photo credit should read FRANCK PENNANT/AFP/Getty Images)

Ou… de l’art du marketing de presse à sensation et du titre racoleur… Ok, j’avoue, certes, c’est moche,  mais j’ai quand même un propos derrière ça…

Vu la date de ce post (28/04), vous pouvez penser que je parle de la présidentielle. Erreur funeste: a priori (et il sera toujours facile de revoir tout ça a posteriori et de me couvrir de ridicule), l’affaire est pliée et finira au pire du pire à 58/42, voire, allez, 55/45. Arithmétiquement c’est impossible, et les cris d’orfraie que j’entends ici et là sur l’abstention différenciée ne me feront pas changer d’avis; certes il y aura beaucoup d’abstentionnistes parmi les mélenchonistes, beaucoup moins à mon avis chez les fillonistes, mais peut-on envisager, ne serait-ce qu’une seconde, que, parmi les « vrais votants », une majorité de ces électeurs de premier tour choisissent MLP vs Macron? 15% des Insoumis, 30% des LR via Sens Commun, etc…, mais vs 50% pour Macron. Le statu quo de départ ne suffirait pas à MLP, il lui faudrait renverser la table et l’opinion d’une majorité (absolue) de ces électeurs pour avoir une chance. Ne jamais dire jamais, rester vigilant, etc…, mais bon… (see mon post précédent).

En revanche, et c’est là que le bât blesse, la présidentielle est suivie de législatives, et, en dehors de missions régaliennes particulières dévolues au Président, c’est là véritablement que s’exerce le pouvoir, et c’est de là que sera issu le Premier Ministre. Attardons-nous un instant sur ces législatives. 577 circonscriptions (les circos en langage politique) et, a priori, 577 candidats En Marche, et ce d’autant plus si Manu est Président. Mais aussi 577 candidats FN (ou Bleu Marine comme ils disent, c’est plus propre). Ca c’est sûr. Et pour le reste? Des LR oui, mais sans chef, sans énergie, sans élan. Des PS sûrement, mais comme les LR en 3 fois pire (3 = 19,5% / 6,3%). Des insoumis? Lesquels? Des Communistes, des FDG, des je ne sais quoi?  Dégoûtés de la politique, abstentionnistes du 2ème tour, lâchés par leur « leader minimo » au silence assourdissant, ils iront à la bataille en ordre dispersé et clairsemé.

Donc à venir: des combats EM /FN locaux (bis repetita du 2ème tour) mais… avec 577 enjeux individuels, 577 implantations de terrain, et les 2 ou 3 composantes de la vie politique traditionnelle française pour arbitrer. Situation intenable pour le PS et les LR: présenter des candidats leur est indispensable pour surnager dans la tempête et… les maintenir au second tour le leur sera tout autant quand ce sera possible. Ils ne pourront pas, cette fois, faire ce qu’ils murmurent du bout des lèvres et appeler au Front Républicain, faute d’être complètement dissous…

Et donc, s’ils se maintiennent parce qu’ils ne peuvent faire autrement (ce qui n’exclut pas des désistements locaux et isolés, au risque d’être mis au ban de son propre parti, un comble…), on aura un nombre incalculable de triangulaires, voire de quadrangulaires. Cette simulation (ici) montre bien, même si c’est un copier-coller des votes du premier tour et que les choses changeront d’ici là, que c’est le FN qui est en tête dans nombre de circos et de départements, et que les triangulaires et quadrangulaires sont tout à son avantage. Qui plus est, Macron, à la recherche d’une majorité présidentielle introuvable dans l’absolu quand, comme lui, on n’ a pas d’histoire, pas de parti, pas d’implantation, etc…, continuera de se poser en dynamiteur des frontières traditionnelles et lorgnera vers les miettes de droite et gauche dans une folle étreinte qui ressemblera à un baiser de la mort.

Résultat: soit un grand parti « de la raison » avec EM, les miettes de LR et PS, bref une sorte de formalisation concrète de l’UMPS chère au FN, donc alimentant sa cuisine électorale, et de chaque côté les extrêmes que sont le FN et les Insoumis (inorganisés et démoralisés, rappelons-le, et avec en tête plus un 3ème tour social et manifestant qu’une bataille électorale ploutocrate). Soit une guerilla locale et des suites d’escarmouches entre une force d’occupation (EM) et des résistants harceleurs et harcelés (les vieux partis traditionnels). Dans les deux cas, et faute d’une organisation digne de ce nom de la gauche mélenchoniste, le FN n’aura qu’à se baisser pour renvoyer tout le monde dos à dos et tirer les marrons du feu. A commencer par une majorité, au moins relative, aux législatives de juin.

C’est un dilemme cornélien, un truc kafkaïen pour les partis historiques, pour qui aucune position politique n’est bonne. Mais, en créant En Marche et en en démontrant l’efficacité via sa future victoire le 7 mai, Macron concrétise l’UMPS et offre paradoxalement un futur boulevard au FN. Etait-ce son intention? Evidemment pas. Mais ça devient grave. Et, pour le coup Manu, « c’est pas ton destin », c’est le nôtre qui est en jeu.

Lettre ouverte aux seuls 5% des électeurs qui le méritent

Ce billet sera court. très court.

Allons-y sans ambages: contrairement à ce que je m’étais dit au départ (see https://bertrandjanny.wordpress.com/2017/02/07/le-7-mai-fais-ce-quil-te-plait/), je n’ai pas voté blanc au premier tour. J’ai voté… Macron. Absolument pas par adhésion, juste par calcul à 2 balles en me demandant quel serait le « moins pire » des 4  candidats pressentis et au coude à coude pour le 2ème tour. J’ai suffisamment dit du mal de Macron pour me défausser et me déjuger dans l’absolu, mais pour moi, un mauvais Macron est, à tout prendre, encore préférable aux 3 autres…

J’ai comme vous vécu la soirée du 23 avril, et j’ai trouvé ça choquant, indigne, léger voire leste… Je me suis dit au départ que le discours se devait d’être historique, grave, inspiré, que le temps du vrai changement allait venir… Or il est évident que Macron n’a aucune intention de changer quoi que ce soit, et son 23/04 au soir (discours de merde indigent, saluts façon reine d’Angleterre à la foule en liesse, bécot à Birgit, parade en bagnole en grillant les feux rouges, Rotonde, etc…) me laisse penser qu’il pense qu’il a déjà gagné (ce qui est sûrement vrai) et que cela seul lui importe. Si Chirac, expérimenté, habile et assez humain / humaniste in fine ne l’a pas fait en 2002 face à JMLP et au choc immense que cela a représenté, pourquoi un jeune blanc-bec de 39 ans, sans aucune expérience ni vision, le ferait face à MLP, la version (prétendûment) soft et dédiabolisée?

Donc on en prend pour (au moins) 5 ans sans illusions, sans espérance, en n’ayant que les législatives pour essayer de compenser (compenser quoi d’ailleurs?).

Oh wait, le 2ème tour n’a pas eu lieu. C’est pas (tout à fait) fini… Et là j’en viens à mon point. Les « déçus du premier tour », donc supposément 55% des votants (voire plus si on compte des gens comme moi…) se sentent volés, dépossédés, etc… Ben oui, ils ont perdu, c’est le jeu démocratique, même si manipulé… Mais là, on commence à transiger, à discuter, à ergoter, à pondre des communiqués à la con genre « pas une voix ne doit aller à MLP, l’abstention n’est pas dans nos gènes, mais je ne cite pas Macron », « il faut faire barrage au FN mais ne pas voter EM… », bla bla bla… #sansmoile7mai et autres billevisées. Mélenchonistes et fillonistes unis dans la transaction, les fausses pudeurs, les calculs de « 3ème tour » social ou législatif, etc…

Vous savez quoi les gars? On s’en fout. Faites ce que vous voulez le 7 mai (sauf voter MLP évidemment). Abstenez-vous, allez à la pêche, tricotez-vous des vestes col Mao, recyclez les pancartes des manifs du 1er mai, forniquez sans préservatif pour ne pas contrarier Dieu, allez à la messe avec Christine Boutin et lâchez-nous. On n’a pas besoin de vous, on ne négociera avec personne, on ne mettra personne en porte-à-faux avec vos voix « du bout des doigts, la pince à linge sur le nez »…

Macron: 24%, MLP: 21,5%. en supposant que les électeurs des 2 camps du premier tour votent de façon identique au 2ème (a priori c’est le cas, non?), en étant extrêmement pessimiste et en attribuant d’office les 5% de Dupont-Aignan à MLP, voire les 1% de Asselineau, ça la met à… 27,5%. J’envisage même le pire, que les 6% de Hamonistes votent à 50/50 entre les 2 candidats (hypothèse très hautement improbable, convenons-en): ça donne EM à 27% et MLP à 30,5%.

Abstenez-vous, allez vomir, et laissez-nous parler aux personnes de bonne volonté.

Il manque donc mécaniquement… 4% de voix à EM pour être élu… Non que ça me réjouisse, mais pour éviter que MLP le soit… Je vais vous dire où elles sont, ces voix: dans ne serait-ce que le quart des 20% d’électeurs Fillon qui ont voté par fidélité à un parti, une tradition, mais qui ne sont ni Sens Commun, ni Boutin, ni quoi que ce soit… dans cette partie LR démocrate-chrétienne feue UDF qui a toujours eu du mal avec les bonapartistes de l’ex-RPR… Dans des Juppéistes, des Lemaire, des NKM, etc… Et les gars, si vous ne le faites pas par conviction (ce qui serait déplorable par ailleurs), faites-le pour votre pognon (oui je sais, c’est cynique) en pensant à ce que deviendrait votre bas de laine en cas de retour au franc…

Et si franchement il n’y a pas 5% d’électeurs pour voter EM et non MLP chez eux, c’est que ce parti est à gerber, et que la France est à désespérer. Ce n’est pas complètement impossible (tout comme une victoire de MLP), mais ce n’est ni probable, ni souhaitable.

 

Macron ou le marcheur immobile

Mon dernier billet de blog datait du 7 février, il y a donc 2 mois tout juste. On était à l’époque à 3 mois du second tour, et nous voici maintenant à 1 seulement, donc à… deux semaines du premier tour. Ca, ce sont des faits, objectifs, avérés, irréfutables.

En règle générale, comme se plaisent à le dire les sondeurs, éditorialistes et journalistes de tous bords, cette période est traditionnellement dite « de cristallisation », faisant fi au passage de l’aspect éminemment fragile que porte de façon intrinsèque le cristal du même nom. Le temps où les sondages se stabilisent, où les forces en présence sont établies, et où il est d’ores et déjà temps de se projeter sur le second tour, voire les législatives, si ce n’est la recomposition politique qui s’ensuit et le fameux « coup d’après ».

Aujourd’hui, force est de constater que les choses sont on ne peut plus mouvantes, voire fuyantes, et qu’il est impossible de se projeter sur quoi que ce soit.

Examinons les forces en présence: le duo gagnant annoncé Le Pen – Macron se tasse, voire se rabougrit et n’a plus totalement le vent en poupe. Il ne subit pas de dynamiques contraires, il est juste dans une inertie coupable face à des adversaires mobiles. Mais leurs situations sont très peu comparables: Le Pen est aujourd’hui créditée de 23 à 24% des intentions de vote, mais elle a toujours été sous-évaluée dans les sondages, et surtout elle dispose d’un socle de « votants certains » d’environ 80%, ce qui mécaniquement la maintient ipso facto au minimum à 20%. Et d’une.

Mélenchon fait le show, fait le métier, devient (Ed Pac reprezent) un « papy Werther » sympa et non plus un Pol Pot de banlieue, et se la joue bonhomme avec ses « amis » des débats en ramassant le morceau à la fin. Il pratique, aux dépens de Hamon, la politique attilienne (de Attila hein, pas de J.Attali…) de la terre brûlée et n’en finit plus de le rétrécir, le pauvre gosse… Il est aujourd’hui à 17-18%, pendant que son acolyte est passé en dessous des 10%. Si la dynamique se confirme, et surtout si la majorité des élus PS pense qu’elle a plus de chances de conserver son siège de député en ralliant Macron, Hamon est mort et n’aura plus que Aubry et Sapin pour le soutenir; comme dirait De Gaulle, « vaste programme ». Un Hamon à 5% (l’étiage de G. Defferre en 1965), c’est potentiellement un Mélenchon à 20%. Et de deux.

Fillon, lui, regagne du poil de la bête. Sa descente aux enfers médiatiques et sondagiers est terminée, il a touché le fond de la piscine (dans son petit loden marine). Parce que franchement, y en a marre, et que trop d’histoires tuent les histoires. Parce que l’acharnement (pas immérité par ailleurs) aura tôt fait de se retrouver contre-productif et de se retourner contre ses auteurs. Parce que l’homme (très attaquable) s’efface progressivement devant la stature (sûrement, et malheureusement, le plus « rassurant » aujourd’hui) et le programme. J’en veux pour preuve une scène surréaliste à laquelle j’ai assisté ce week-end: là où j’habite, à Auteuil donc, terre ô combien défavorable à la droite républicaine (sic!), de nombreux jeunes gens d’environ 65 ans de moyenne m’ont tendu des prospectus en précisant bien : « le PROGRAMME de François Fillon ». Après avoir engagé la conversation, ils ajoutaient: « oui le programme, pas l’homme, on est comme vous, etc…, mais bon, c’est le seul programme qui tienne la route, faîtes-le pour la France, etc… ». Si on rajoute à cela la posture dans laquelle il se place, à juste titre, de « seul capable de réunir autour de lui une majorité claire » aux législatives, et le fait, comme il l’évoque après l’avoir sûrement lu sur mon dernier billet de blog, que son vote a été un temps plus honteux que le vote Le Pen père à une époque, force est de constater qu’il pourra difficilement faire moins de 20%. Et de trois…images mac

Reste donc mon dernier 20% que je réserverai… au novice. Là où Macron court à sa perte et s’apprête à devenir le Lecanuet de 2017, une sorte de beau gosse qui fait se pâmer la ménagère un temps avant que l’on ne passe aux choses sérieuses, c’est que maintenant on attaque le dur, le Tourmalet, l’Alpe d’Huez. Là où on voit les vrais grimpeurs. Là où l’expérience et la ruse politicienne font la différence. Mélenchon l’a. Le Pen l’a. Fillon l’a. Pas lui. De même qu’il n’a pas la possibilité de mettre en avant sa capacité à rassembler une majorité aux législatives, il ne peut suggérer ou susurrer un nom d’éventuel Premier Ministre. De même qu’il a un temps été la coqueluche des media, l’OVNI qui faisait souffler un vent nouveau, il devient aujourd’hui l’homme à abattre. D’outsider trépignant, énergique et vivifiant, il est devenu favori. Une position inconfortable, inconnue et par définition éphémère. Une position, on le sait, qui interdit tout mouvement d’envergure, a fortiori quand, comme lui, on est sur un fil et dans un grand écart permanent entre « ni gauche, ni droite, bien au contraire je suis d’accord ». Macron se rêvait Napoléon à Austerlitz, il est Bagration en haut du plateau de Pratzen: heureux de la position enviable qu’il occupe et en même temps incapable à la fois d’en bouger et d’y rester. Il piétaille, trépigne, bouge, vocifère, s’époumone. Il marche mais n’avance pas ou plus. Il est un marcheur… immobile.

Ces 4 20% sont là, devant nous. A eux 4, ils ne font que… 80%, et la décision se fera sur les 20% restants. Le cas de figure annoncé donne Macron – Le Pen. Je penche pour Fillon – Le Pen, déjà très duraille à avaler, en priant pour éviter un Mélenchon – Le Pen qui nous plongerait dans les affres d’un affrontement très « 30’s in Germany » avec, quelle qu’en soit l’issue, du grabuge à prévoir. Mais bon, cela dit, en y réfléchissant bien, c’est aussi en vue quel que soit le duel final, et donc le vainqueur. Et sans parler de législatives pas piquées des hannetons (expression vieux cul par excellence) dans la foulée. Bon, je n’ai plus qu’à valider rapidement un Parions Sport des familles en espérant toucher la cote, c’est ce qui me semble encore le plus réaliste…

Le 7 mai fais ce qu’il te plaît

fillon

 

Ca y est, on est le 7 février 2017, et la campagne pour la présidentielle est enfin lancée. Plus que 3 mois à tenir. Après des semaines, des mois de Valls hésitations, de « sortez les sortants », d’au revoir presque émus a posteriori à Sarkozy (oui enfin là non…), Juppé, Hollande, Valls, … on connaît enfin le casting final, donc on pourra se déterminer et faire un choix en toutes circonstances et connaissance de cause. C’est vraiment cool parce que là je commençais un peu à désespérer.

Je vais vous dire pour qui je ne vais pas voter, et les plus perspicaces d’entre vous en déduiront pour qui je vote avant que je ne mange mon chapeau.

Soyons raisonnables, ayons l’air de quelque chose. J’exclus d’emblée les candidatures fantaisistes, pathétiques, loufoques, tristes, etc…: je mets dans ce sac Rama Yade (sympa pour autant), Jean Lassalle (le député berger), MAM (la pauvre…), Henri Guaino (LOL), Jacques Cheminade (dans l’espace, personne ne t’entendra crier), Bastien Faudot (qui ça????), Nathalie Artaud (aussi surréaliste et barrée que son homonyme Antonin), Philippe Poutou (kikou kiss), Henry de Lesquen (si si), François Asselineau (ben là je cherche mais je n’ai rien à dire…) et Charlotte Marchandise (même si j’adore son nom…). J’élargis un peu en excluant d’emblée des candidatures certes d’avenir, mais pour lesquelles je n’ai aucun désir: Bayrou, Jadot et Dupont-Aignangnangnan (attention, grosse surprise à venir, il l’a prédit!).

Passons aux choses (supposément) sérieuses.

Je ne voterai pas Marine Le Pen: ai-je besoin d’expliquer pourquoi, même si parfois le doute s’immisce en moi sur ma vraie nature, puisque certains algorithmes stupides de Facebook m’indiquent, test scientifique à la clé, dans un cas sur trois que c’est ma candidate de coeur (à égalité avec Macron et Hamon par ailleurs…).; les mêmes algorithmes scientifiques qui en général m’affirment que je devrais être en couple avec le Président de ma société ou que ma boulangère est secrètement amoureuse de moi.

Je ne voterai pas non plus Jean-Luc Mélenchon: ai-je besoin d’expliquer pourquoi? Ah probablement que si car, si j’en juge par la théorie des bulles de filtrage, nous vivons tous dans des mondes clos et volontairement isolés des autres, entre gens qui partagent les mêmes vies, les mêmes habitats, les mêmes habitudes, les mêmes idées, et, si quelqu’un parmi nos « connaissances » (à défaut d’amis) a le malheur de ne pas être d’accord et surtout de faire tache (sans ^ à tache ici, pour railler une autre des fautes d’orthographe courantes qui me font horreur actuellement) dans le décor, il est vilipendé, voué aux gémonies, torturé, écartelé avant, ô suprême humiliation, d’être defriendé et bloqué à jamais. Tant et si bien que nous vivons tous dans notre bulle d’auto-satisfaction réflexive et que nous nous en portons bien. Or – je reviens à mon propos, s’il est communément admis qu’aucun électeur FN ne peut (plus?) faire partie de mes contacts, certains d’entre eux (mes contacts), plutôt aisés et instruits par ailleurs, se prononcent inconditionnellement pour Mélenchon, le poing levé et le « Résistance » à la bouche dès lors qu’ils sortent de leur bureau à 21h20 pour regagner leur loft bobo du IXeme et y ingurgiter la salade de boulgour aux éclats de quinoa parsemée de tofu que vient de leur livrer, au dernier sans ascenseur, Rachid, le livreur de Uber Eats qui avec le temps est devenu un ami. Pourquoi pas après tout, il est vrai, mais je vous avoue que j’ai un peu de mal devant cette incohérence assumée et ce snobisme révolutionnaire à rebours. Sûrement mon côté égoïste et connard qui m’empêche de comprendre cet altruisme forcené et noble.

Je ne voterai pas non plus Benoit Hamon. Pourtant, c’est vrai, j’ai voté Hollande aux deux tours en 2012; et alors quel rapport me diront les esprits les plus chagrins? Les plus chagrins et les plus perspicaces, car c’est justement de cela qu’il s’agit.Autant j’étais prêt à l’alternance post-sarkozyenne (à tout prix!), autant je voulais rester dans une posture social-démocrate (rad’ soc’ à l’ancienne comme j’aime à me définir) avec un ancrage dans le réel et l’exercice du pouvoir. Hamon est un garçon droit dans ses bottes, assez respectable à mes yeux, plutôt indéniablement intelligent, mais je ne pourrai pas voter pour lui, ne serait-ce que parce que je ne vois pas comment financer son revenu universel autrement qu’en y laissant ma dernière chemise. Et pourtant, comme lui,  j’adore le service public, je suis fier du système public d’éducation à la française (ou de ce qu’il devrait être), je défends mordicus la laïcité, je paie mes impôts sans rechigner, etc.. Mais bon là, comment te dire Benoit…

Ca commence à se resserrer. Reste… Emmanuel Macron. Ah Macron, l’homme providentiel, le recours ultime, celui qui dépasse les clivages gauche-droite et n’est pas, lui,  un homme du sérail, du système… Je ne me lance pas dans l’explication, d’aucuns ont commencé à le faire, et je vous prédis qu’il se dégonflera au fur et à mesure des semaines à venir. Parce qu’il n’est pas ni gauche ni droite, il est les deux. Parce qu’il n’est pas en dehors du système, il est le système (qui le lui rend bien d’ailleurs). Parce qu’il n’est pas ni voile ni vapeur, il est les deux (ah merde, que vient faire cette remarque sexuellement connotée là dedans)? Macron est à lui seul un gigantesque rouleau de papier attrape-mouches où viennent s’agglutiner (pour l’instant) toutes les mouches qui ont changé d’âne, et Dieu sait qu’ils et elles sont nombreux en ce moment… Le Gorafi titrait ironiquement (pléonasme) que « Emmanuel Macron promettait solennellement de dévoiler son programme une fois élu »: quelle lucidité, quelle clairvoyance. Ce mec n’a rien à dire, rien à promettre, rien à tenir, si ce n’est les inepties lénifiantes que lui soufflent ses amis hyper anti-système genre Minc, Drahi, Pigasse, Bébéar, Niel, etc… Comment ne pas s’interroger sur un nom qui réunit autour de lui Kouchner et… Geneviève de Fontenay? Comment ne pas douter d’un mec qui encense Uber et ses avancées sociales sans évoquer le pendant noir de l’uberisation forcée de l’économie? Comment évoquer la loyauté et la droiture d’un mec fait par Hollande et qui le trahit manifestement (alors même que Hollande continue de le soutenir en sous-main, cherchez l’erreur…)? Macron, c’est la marque de l’équipementier sportif de l’AS Monaco (comme par hasard…:)), point barre…

Bon ben ça y est, j’ai trouvé. Ne reste que… Fillon. Ah mon François… Eh ben non je ne voterai pas pour toi. Pas à cause de Péné (ni son double…), pas à cause de tout ça… Déjà en novembre je savais que je ne voterais pas pour toi…: le catholicisme, la réaction, l’austérité, etc…, non vraiment pas. Après je t’avoue que ces derniers jours n’ont pas vraiment ébranlé ma non-conviction, c’est clair, mais honnêtement, c’est comme faire corriger l’orthographe d’un Bescherelle par Bernard Pivot, c’est du temps perdu pour rien. Et, il est vrai, les appels au soutien émanant de Frigide Barjot ou Ludovine de la Rochère ne sont pour moi que comme une 32ème couche de peinture sur un bout de bois. C’est bon, on a compris,, te casse pas… Ta conf de presse hier a sonné la fin de la récré, resserré les rangs derrière toi (mdr) et t’a donné l’occasion de clouer au pilori les journalistes (comme c’est facile en ce moment). Tu as rassuré ceux qui voulaient l’être, à savoir…tes partisans. Est-ce que cela suffira pour faire de toi le prochain Président? Perso j’en doute, mais rendez-vous au tas de sable le 7 mai.

Ah ou mais donc, au final: tu votes quoi Bertrand le 7 mai? Rien? Ah non sûrement pas. Blanc? Mais ça ne sert à rien. Oui c’est vrai, pour l’instant. Mais c’est une autre histoire, et je me ferai fort de voter quoiqu’il arrive, histoire de ne pas donner de grain à moudre aux contempteurs et cyniques de tous poils. Et c’est justement parce que j’aime la politique et y crois encore que je voterai blanc.

L’envers du décor

C’est à la fois bien malgré moi et bien à cause de moi que je ne reprends la parole sur ce blog qu’aujourd’hui. Bien malgré moi dans la mesure où, à l’instar d’Annie Girardot aux Césars versus le cinéma français il y a quelques années, « je ne sais pas si j’ai manqué à la blogosphère française, mais la blogosphère française m’a manqué. Follement. Eperdument. » Oui j’ai eu plus d’une fois envie d’écrire, et l’année passée n’a pas manqué d’événements pour battre mon record historique de vues de janvier  2015 (voir ici). J’aurais pu parler évidemment du 13 Novembre et de bien d’autres sujets récurrents qui me tiennent à coeur (Sarko si tu me vois), à défaut de m’extasier sur les résultats de l’OM. A ce sujet d’ailleurs, je commence à m’interroger sur la capacité réelle de mon équipe à devenir Champion de France pour la 11 ème fois avec 30 points de retard sur le PSG à 15 journées de la fin…

Bien à cause de moi, dans la mesure où depuis un an, ma vie a  radicalement changé. Je travaille. Non pas que je ne travaillais pas auparavant mais là je travaille vraiment. Dans un bureau. Avec des gens. A temps plein. En CDI. Et les plus observateurs d’entre vous ne manqueront pas de constater, contrairement à Myriam El Khomri chez Bourdin, que ce n’est pas un CDD, qu’il n’est pas renouvelable 2 fois seulement, et que j’ai dépassé depuis longtemps la fin de ma période d’essai. Pour ceux qui s’interrogent, je dis bien bureau et non agence. Je travaille désormais dans le SMI (Social Media Intelligence), chez un éditeur de logiciel qui « vend une solution en SaaS permettant de manipuler instantanément de gros cubes de données, ainsi que toute l’expertise humaine permettant de donner une valeur inédite aux insights » dont vous vous en doutez le web social mondial regorge (sic). (pour en savoir plus c’est ici) Bref, je fais du planning stratégique et de l’avant vente et ça me plait.

Bien malgré moi donc car figurez-vous que ce job est extrêmement prenant et me laisse assez peu de temps libre, notamment pour écrire, et a fortiori en prenant en compte le fait que je viens récemment (il y a 15 jours) d’emménager avec la nouvelle femme de ma vie.

Et alors, me direz-vous, quel rapport avec le titre de ce billet de blog? j’y viens précisément. La veille du jour du déménagement, grisé par l’évènement et quelques verres au milieu des cartons, je n’ai rien trouvé de mieux que de me péter l’épaule et de passer ledit déménagement en salle d’opération à Ambroise Paré. Sans rentrer dans les détails il se trouve que j’avais déjà passé beaucoup de temps à l’hôpital 3 ans auparavant (décidément janvier est un mens horribilis pour moi) et que ce nouveau séjour, fût-il plus court et plus épiphénoménal, a ravivé en moi quelques souvenirs. En l’occurrence : celui de l’envers du décor, non pas dans une exploration des coulisses de l’hôpital façon Enquête Exclusive, mais celui de l’inversion du regard. Pour la deuxième fois donc, je me suis retrouvé pour la première fois dans la position inédite de celui qui regarde le brancardier et non le brancard, le visiteur et non le malade, l’aide-soignante et non l’infirmière. Une position de vulnérabilité et de semi-dépendance qui vous fait réaliser que l’on fait absolument tout (ou presque ….) à deux mains et que ne plus disposer que d’une seule vous handicape terriblement.

Mais au delà de ces problèmes triviaux et ces contingences concrètes, c’est surtout le regard qui change, et plus spécifiquement celui que vous portez sur celui que vous portent les autres. Là, plus question de jeu, de masques, de contenance ou de superbe. L’infirmière n’est plus une fonctionnaire lambda, mais une femme zélée et compétente qui fait (bien) son boulot avec dans ses yeux un mélange de compassion professionnelle et de routine affective. Le visiteur n’est plus seulement l’être aimé, il est aussi le messager du monde extérieur, et le thuriféraire de sa vie, de la vôtre (dans les deux sens du terme), de la vie en général. Le brancardier qui vous mène au bloc opératoire et dont les doigts exaltent une délicieuse odeur de clope est aussi un autre marqueur de la vie extérieure, donc un porteur d’espoir.

Ce qui est intéressant aussi et ce après la sortie de l’hôpital, c’est le regard que porte sur vous, le bras en écharpe et légèrement gauche dans ses mouvements., l’ensemble du monde extérieur. Du passant qui détourne les yeux aux amis trop empressés et à l’être aimé qui opère bien malgré lui une dévalorisation relative, temporaire et inconsciente dont il ne pourra se départir bien malgré lui. Tout cela ne dure qu’un temps et il est hors de question de m’apitoyer sur mon sort, a fortiori étant donné la bénignité et la banalité de l’affaire.

Tout ceci juste pour vous dire qu’il est bon d’être entouré dans tous les sens du terme par la femme de sa vie d’une part évidemment, mais aussi par l’Etat protecteur et son délicieux service public, n’en déplaise à ses pourfendeurs macrono-libéraux. A très bientôt j’espère cher lecteur, et un grand merci à Elle, qui a tapé tout ce texte et a fait tellement de choses pour moi, et sans qui rien n’aurait été possible de ma seule main gauche…:)

Internet ou la fin de la liberté d’expression (à la française)

Il y a une blague que j’aime bien, parce que comme toutes les bonnes blagues, elle est non seulement drôle, mais aussi dérangeante et interrogative sur notre société, notre vie, nous quoi… Cette blague est très simple et tient en une seule phrase: « l’amour éternel est un concept inventé à une époque où l’espérance de vie moyenne ne dépassait pas 40 ans ». Une façon rapide et percutante de dire que nos sociétés ont évolué, qu’un idéal qui était valable à une époque (le Moyen-Âge j’imagine si j’en crois Tristan et Iseult) prend moins de sens avec le temps, et que, si le concept persiste, le temps et les moeurs le mettent à l’épreuve des faits quotidiennement. Surtout que, comme le disait Woody Allen, « l’éternité c’est long, surtout vers la fin… ». Là j’attends les fâcheux de tout poil et autres adeptes du fact-checking immédiat pour me dire que cette citation lui est faussement attribuée et qu’en fait il s’agit d’écrits d’un obscur mec norvégien, etc… Allez-y, défoulez-vous, c’est pas grave…

Quoique… Internet a donné à tous l’accès immédiat à un savoir total et absolu. tant et si bien que plus personne ne prend le temps ni n’éprouve le besoin de se cultiver, de savoir des choses et de pouvoir les citer à propos dans le contexte, puisque dans tous les cas il sera moins puissant et efficace que « la grande encyclopédie du savoir ». Bientôt nous ne penserons plus, nous n’aurons plus de répartie et nous utiliserons nos smartphones pour dégainer à la face de nos interlocuteurs un « je ne peux pas vous laisser dire ça » ponctué d’un fact-checking et non plus d’une opinion personnelle contraire argumentée. Mais là je digresse…

Revenons à mon propos. A l’instar de l’amour éternel inventé à une époque où l’espérance de vie moyenne ne dépassait pas 40 ans, un certain nombre des lois et principes qui régissent notre pays datent d’un temps révolu et ne correspondent pas à l’instant présent. La belle affaire me direz-vous… Sauf que c’est extrêmement important. Prenons la fameuse loi de 1905 (par exemple…) sur la laïcité et la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Une loi qui date donc du XIXème siècle, puisqu’il est commun de convenir que le XXème siècle proprement dit ne commence qu’après la fin de la Première Guerre Mondiale. Notons d’ailleurs au passage que cette loi sépare l’Etat de l’Eglise, pas des églises, comme s’il n’y en avait qu’une à l’époque. Ce qui est vrai d’ailleurs tant le débat d’alors opposait laïcards et bouffeurs de curés aux curés eux-mêmes, à la seule église d’alors dans une France encore « fille ainée de l’Eglise » et chrétienne. Une loi datant d’une époque où il y avait consensus sur ce point, et où la seule question à trancher (dans le vif) était de savoir si l’Etat français devait relever de cette unique religion ou pas (je sais, je fais exception de la religion juive déjà présente en France à l’époque, cf affaire Dreyfus évidemment, ainsi que de la religion musulmane présente dans la France de l’époque, à savoir les colonies, mais je simplifie un peu pour faire court).

110 ans après les choses ont dramatiquement évolué (dramatiquement au sens anglais – amplifié, grand – et non au sens français du terme…). La laïcité heureusement instaurée par cette loi est entrée dans notre patrimoine commun, et pendant que le territoire national diminuait du fait de la décolonisation, notre diversité s’est enrichie et la France compte aujourd’hui 1 million de Juifs et 6 millions de Musulmans sur son sol (amis du fact checking à vous de jouer…). Avec un cadre législatif satisfaisant puisqu’il a permis la liberté de culte et la cohabitation (à défaut de vrai « vivre-ensemble »?) de ces différentes religions au sein d’une République égalitaire et fraternelle. Aujourd’hui tout ça vole en éclats, et il est temps d’envisager un corollaire de loi séparant Les Eglises et l’Etat. Les intérêts religieux se mêlent au débat public, et le religieux est partout, entre la Manif pour Tous initiée et/ou récupérée par les cathos intégristes, le déploiement de forces armées devant les synagogues ou le débat sur l’Islam en France…

J’ai vu récemment une carte sur l’athéisme dans le monde. Chine mise à part, la France est le pays le plus athée du monde. Parce que c’est une particularité séculaire, un tropisme français… Mais c’est aussi paradoxalement celui où l’on parle le plus de religion dans le monde en ce moment, ou en tout cas où elle s’immisce le plus dans le débat public. Parce que la France est devenue plus religieuse? Je ne pense pas, et la manif de dimanche dernier, laïque et républicaine, est là pour le prouver. Non, parce que la France, si elle reste un phare et une icône de la liberté dans le monde, n’est plus seule et souveraine.

La loi sur la liberté d’expression, qui permet de débattre et de caricaturer tout, est valable sur le papier quand on est sûr de maîtriser les limites géographiques de son champ d’expression. Diffuser Charlie Hebdo, c’est facile tant que personne ne le verra au delà du Rhin ou des Pyrénées, et a fortiori dans les pays musulmans radicalisés. Aujourd’hui un petit journal qui tirait à 30 000 exemplaires est diffusé et (mal) lu immédiatement partout dans le monde, déclenchant en retour des manifs monstres au Niger, au Sénégal, au Pakistan et que sais-je encore…, manifs vues également partout dans le monde en retour. On voudrait créer les conditions d’une guerre mondiale qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

La France est fidèle à ses convictions, à ses valeurs. Tant mieux. Mais elle est seule, désespérément seule dans le monde, non pas du fait du repliement sur soi-même que de son ouverture paradoxale au monde et aux nouvelles technologies. Certains dessins peuvent choquer? Oui, et alors? La France n’instaure pas l’obligation pour tous d’y adhérer. Elle demande le droit de publier ces dessins, y compris à ses ressortissants (je ne comprends pas comment 40% des Français demandent à ne pas continuer à caricaturer les religions…). Mais en faisant cela, elle s’expose au minimum à l’étonnement sarcastique de certains (cf l’Angleterre et Sky News qui refuse de montrer la couv’ de Charlie Hebdo, l’Angleterre merde…!), et sinon à des représailles et à la haine d’une partie du monde. La liberté d’expression à la française en vaut-elle la chandelle? Oui à mon avis. Et je me console en me disant qu’au pire elle finira comme l’amour éternel: quelque chose auquel plus personne ne croit mais que tout le monde recherche…

Pour en finir avec le FN: Charlie Ier a-t-il des couilles?

Les événements de la semaine dernière, conclus par un dimanche historique et magnifique, viennent de recréer une situation rarement vue en France, et qui n’a trouvé d’équivalent qu’à la Libération en 1944 ou à la marge lors de la victoire de l’Equipe de France de football en 1998: celle d’une communion, d’une unité nationale, d’un sentiment d’appartenance solidaire, comme je l’ai déjà évoqué ici (voir en bas). Qui n’a pas empêché leur implosion très peu de temps après, certes, et il y a fort à parier que ce moment du 11 janvier 2015 ne durera lui non plus pas très longtemps. Nous sommes donc aujourd’hui dans un momentum, un instant de grâce suspendue précieux et rare, dont il nous faut profiter. Et le premier à devoir en tirer avantage, c’est notre grand leader à tous, François Hollande, déjà rebaptisé Charlie Ier par certains medias. Il a été pour moi parfaitement à la hauteur la semaine dernière, ainsi que tous les représentants de la République, du Premier Ministre au plus obscur policier ou CRS… Foin des polémiques sur la présence des dictateurs à la marche d’hier ou la récupération politique, le peuple de France a transcendé ces conneries et a prouvé au monde entier qu’il s’en foutait allègrement et se prenait en charge tout seul.

Mais Charlie Ier, que vas-tu faire maintenant? Tu as une chance inouïe, celle d’être à la tête d’un état momentanément uni, celle d’avoir les mains libres et d’être un Président de gauche (pas trop certes, mais officiellement si…), donc qu’on attaquera certes, mais de façon moins virulente que s’il s’était agi de Sarkozy pour ne pas le nommer. Hollande est un républicain, nous sommes tous républicains, à lui d’agir en conséquence. A lui de ressouder la République. En supprimant le FN? Sûrement pas, même si je pense qu’il a commis une faute en faisant une entorse à l’unité nationale en ne l’invitant pas comme évoqué ici (voir en bas aussi, je sais, je suis nul en liens hypertexte…;)). Alors comment? En supprimant les raisons d’exister du FN ipso facto.

En étant ce qu’il est, à savoir profondément républicain. Ce qui ne passe évidemment pas par un Patriot Act à la française comme le réclame déjà une partie de l’opposition. Mais en faisant respecter partout et tout le temps les valeurs de la République. Les 25% d’électeurs du FN ne sont pas tous des fascistes purs. Il y a en France 1 ou 2% de ces dingues néo-nazis, et ils sont certes tous au FN, mais c’est le pourcentage classique, c’est l’étiage. Les 23 autres % viennent par définition d’autres formations politiques, anciens communistes ou autres, et ne sont pas fondamentalement fascistes. Ils trouvent juste dans le vote FN une solution simpliste et irréfléchie à leur malaise, leur mal-être. Ils ne sont pas tous islamophobes et ont tous, pour le prouver, un copain musulman sympa à brandir (sic…!). Ils sont profondément islamistophobes, comme nous tous bien sûr. Ils sont juste paumés et ont peut-être pour certains un bon fond qui ne demande qu’à être réactivé (je sais, je divague…). Je ne cautionne pas le FN, j’essaie juste de comprendre…

Je ne suis pas fasciste, je ne suis même pas de droite, mais je suis favorable à ce que j’appellerais une sorte de dictature de la République. Une République implacable qui commencerait par l’éducation et l’apprentissage du bien-vivre ensemble. Les réactions de certains élèves dans certains établissements lors de la minute de silence sont totalement inadmissibles. Je ne sais absolument pas comment lutter contre ça (réintroduire l’instruction civique), mais il faut faire quelque chose pour ceux pour qui il n’est pas déjà trop tard… Lutter contre le drame des prisons, véritable terreau de l’islamisme radical et fanatique. Là encore je ne sais pas comment… Faire respecter la République et ses symboles (la police, les pompiers, les médecins) dans ces fameuses zones de non-droit qui existent vraiment sur le territoire. Lutter contre les incivilités du quotidien issues de tout un chacun qui érodent petit à petit la confiance en la République et attisent une haine diffuse… Pour l’anecdote, les insultes entendues de la part de crétins traitant certains « d’enculés de Français » sont symptomatiques de la rupture qu’ils instaurent eux-mêmes, en se coupant d’eux-mêmes de la communauté nationale et en prouvant qu’ils ne sont pas français même s’ils en ont le passeport. Face à tout cela, en pratiquant l’angélisme et en distribuant à tour de bras des Y’a Bon Awards comme le fait Rokhaya Diallo (y compris à Jeannette Bougrab, la pauvre…), on ne fait que creuser le lit des ennemis de la République, à savoir le FN et les terroristes.

Le terrorisme actuel n’est pas l’oeuvre de l’étranger. Il vient de France, de notre beau pays. Ce n’est absolument pas un problème d’immmigration. C’est (oh le vilain mot!) un problème d’intégration. Intégration non pas dans une France chrétienne et mangeuse de porc (le plat préféré des français, c’est le couscous et tant mieux…), mais dans une République forte et laïque, donc respectueuse de tous et de toutes les religions. Etre français, c’est adhérer aux valeurs de la République, un point c’est tout, indépendamment de la couleur de peau et des religions. Si ces valeurs ne sont pas défendues, renforcées, si la République n’est pas implacable, elle court à sa perte. « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté » disait Saint-Just. Il avait raison.

Depuis 3 jours, 50 actes islamophobes ont été recensés en France. C’est une honte. C’est la réaction de gens stupides qui votent par ailleurs sûrement FN, s’ils votent. Mais si nous ne nous montrons pas implacables et si nous n’apportons pas des réponses déterminées dans la démocratie, nous nous exposerons à ça. Si Charlie Ier n’agit pas maintenant, il laisse le champ libre à Le Pen pour le faire à sa place en 2017. Et c’est bien là que se dessine le plus grand danger qui guette la France actuellement.

https://bertrandjanny.wordpress.com/2015/01/08/7-janvier-2015-ou-la-fin-du-debat-sur-lidentite-nationale/

https://bertrandjanny.wordpress.com/2015/01/09/marine-le-pen-fallait-pas-pas-linviter/